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Le bruit et ses effets nuisibles

  • Patricia
  • 8 oct. 2023
  • 2 min de lecture

À moins de vivre à la campagne et de se réveiller avec le chant des oiseaux, notre sens de l’ouïe est régulièrement assailli.



La vie quotidienne nous enveloppe de bruit. À moins de vivre à la campagne et de se réveiller avec le chant des oiseaux, notre sens de l’ouïe est régulièrement assailli. Beaucoup, pour pallier cet inconvenient, couvrent leurs oreilles d’écouteurs.


L’ironie est qu’ils échangent un bruit par un autre. Mais celui-ci est librement choisi et le porteur d’écouteurs peut maintenant s’isoler de ses semblables.


Ma sensibilité au bruit a débuté très jeune. Lorsque j’entendais autour de moi les adultes se disputer violemment je me cachais, en me bouchant les oreilles. Il y avait une part de peur bien sûr, mais aussi une réaction physique que j’ai plus tard identifiée comme une crispation de tout le corps.


J’ai vécu pendant un certain temps dans un grand centre équestre avec la chance de pouvoir sortir à cheval dans la forêt voisine. Cette forêt, très ancienne, était prisée de tous. Les fins de semaines évidemment attiraient beaucoup de monde ainsi que moi, fraîchement sortie du pensionnat.


Quel plaisir de galloper sur une allée sablée, sous une voûte d’arbres centenaires. Hélas, trop souvent le calme était troublé par des jeunes gens en motocyclette, à l’affût de cavaliers. Dès que l’un de nous apparaissait, ils faisaient pétarader leurs montures. Or, rien n’est plus nerveux qu’un cheval. Celui-ci, affolé, partait à toute allure. Pour peu que le cavalier ne s’y attende pas, tous les éléments étaient réunis pour une chute ou pire.


Depuis ce temps, parmi ma panoplie de sons détestables à éviter, l’emballement d’un moteur, qu’il soit de moto ou de voiture et la voix humaine en colère ont encore le pouvoir de me rapetisser physiquement et émotionnellement.


Le moindre signe que l’un ou l’autre va se produire agit comme une vague déferlante, impossible à éviter. Mon corps se prépare, se contracte, je serre les dents et les poignets, j’en perds presque le souffle.


Il y a quelques temps, j’ai pris conscience que ces bruits, associés aux faits relatés et survenus il y a des décennies, continuaient d’affecter ma vie négativement. À quoi me servent de maintenir en vie ces souvenirs et impressions ? Bien sûr les motos et leur moteur infernal ainsi que la voix humaine exprimant la colère existent toujours mais ma vie aujourd’hui n’a rien à voir avec celle du passé.


En fait lorsque je réagis à ces sons, je revis ce qui n’existe plus : un passé qui me permet d’entretenir ses blessures, de retourner en arrière et ressasser en boucle. Dans ces moments là mon corps ne m’appartient pas. Il est à la merci d’une énergie néfaste. Il s’endurcit contre l’assaut et mon humeur change du tout au tout. Tout mon être s’étiole, je ne fais plus partie du présent ni de l’humanité qui m’entoure. Alors pourquoi transporter ce fardeau d’un autre temps?


Il est temps de jeter ces vieux oripeaux de souvenirs pathétiques pour vivre le seul moment important, le present et ses infinies possibilités.



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